L’appel à l’aide des sites de poker en ligne au gouvernement

Comme l’on très justement déclaré nos confrères journalistes du journal Le Monde lundi dernier, les représentants de plusieurs salles de poker en ligne françaises ont interpelé le gouvernement, exigeant l’aide de ce dernier. En effet, le marché des jeux de hasard sur internet est sérieusement sur le déclin. Alors que les mises sont de plus en plus faibles, que les High Rollers désertent l’hexagone et que plus personne ne se laisse tenter par le jeu, les opérateurs tirent la sonnette d’alarme et espèrent que quelqu’un entendra leur SOS.

Les opérateurs appellent le ministère de l’économie à l’aide

Une fédération des principaux opérateurs de poker en ligne exerçant en France- Poker Stars, BetClic, Barrière et la Française des Jeux, a adressé une lettre d’appel à l’aide au ministère de l’économie et des finances. Alors que le chiffre d’affaires des opérateurs a baissé de 13% au premier trimestre 2013, les sociétés concernées n’ont pas envie de suivre le même exemple que le groupe Partouche, qui a dû se retirer du marché de l’internet. Et il y a de quoi être alarmé : Partouche, qui est le sponsor de plusieurs grands clubs de football et qui est à la tête d’une cinquantaine de casinos dans l’hexagone, fut l’un des tous premiers à tenter sa chance suite à la loi d’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne à la concurrence en juin 2010.

« Si la concurrence est rude en France et que les investissements sont eux aussi importants, il faut dire que le règlement français est dissuasif […] ».

Comme Partouche récemment, dix autres opérateurs ont fermé leur site en l’espace de seulement un an et demi. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une quinzaine à vainement tenter de grapiller des parts de marché aux deux géants Winamax et PokerStars, qui raflent vraisemblablement toutes les mises. Si la concurrence est rude en France et que les investissements sont eux aussi importants, il faut dire que le règlement français est dissuasif : « Il faut 35 à 40 minutes pour s’inscrire et une fois que c’est fait, on exige de voire votre RIB », se lamentent les dirigeants de Poker Stars. Enfin, selon les opérateurs, les taxes sur les jeux sont beaucoup trop lourdes et ne leur permet pas de réaliser le moindre profit.

L’exil fiscal comme seule et évidente échappatoire

Alors que les redressements contre les joueurs de poker français font mouche, beaucoup d’entre eux s’en remettent à l’exil fiscal pour s’extirper du système et ainsi s’épargner bien des soucis. En seulement un an, plus de 1500 High Rollers auraient déserté le marché français du poker virtuel. Ces individus très précieux au regard des opérateurs –normal, ils génèrent à eux seuls plus de 400 millions d’euros de revenus annuels, parient désormais sur des sites étrangers. En conséquence, le chiffre d’affaires des opérateurs devient moindre et les raisons de se connecter sur les plateformes françaises de moins en moins évidentes. Comme le dit Jean-François Vilotte, le président de l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne, « il faut rester vigilant : lorsque l’offre légale n’est plus assez attractive, il y a un fort risque de report vers le marché illicite ».

Alors, quel destin pour le poker en ligne en France ? Cela risque fortement de dépendre du ministère de l’économie et des finances, qui a désormais les cartes en main et qui est libre de répondre ou non à la demande des opérateurs.