Les sombres jours du poker légal en France

En dépit des SOS lancés par les opérateurs de poker en ligne au gouvernement, le marché des jeux en ligne semble toujours plus moribond en France. La taxation excessive a fait de la scène du poker hexagonal un véritable cirque. Tels des clowns ridiculisés à la suite d’un tour manqué, les opérateurs sont contraints de quitter le marché. Et malgré les nombreuses alertes lancées aux autorités françaises, rien n’est fait pour garantir un assouplissement de la loi. Le poker légal dans notre pays connait une situation de plus en plus désastreuse. Les chiffres du deuxième trimestre 2013 sont sans équivoque : ils indiquent une baisse vertigineuse des mises de l’ordre de 16,4%. Cela est la preuve que de moins en moins de parieurs en ligne misent sur les sites des opérateurs légaux. Le gouvernement français mènera-t-il sa politique de l’autisme jusqu’au bout ?

Winamax et PokerStars survivent au cataclysme

« […] Seuls Winamax et PokerStars parviennent à rentabiliser leurs investissements : ces derniers ont le monopole de 75% du marché et ne laissent quasiment rien à leurs rivaux. »

La politique de taxation abusive dont les opérateurs légaux font les frais semble être la principale cause du manque d’attractivité du marché du poker français. Si le secteur des jeux d’argent en ligne ne connait pas la croissance attendue, c’est tout simplement parce que le régime fiscal français est beaucoup trop strict. Les opérateurs doivent faire avec un maigre produit brut des jeux, eux qui ont enregistré près de 150 millions d’euros de pertes en seulement deux ans. La saturation du marché iGaming français met à mal les finances des salles de poker les moins compétitives. En France, seuls Winamax et PokerStars parviennent à rentabiliser leurs investissements : ces derniers ont le monopole de 75% du marché et ne laissent quasiment rien à leurs rivaux. Ainsi, dernièrement, Partouche Poker, qui a perdu 20 millions d’euros en deux ans d’exercice mais aussi Betclic Poker, déficitaire de 50 millions d’euros en seulement douze mois, ont tous déserté l’hexagone à la recherche de meilleurs ospices.

L’avenir du marché français dépend du poker

Les recettes enregistrés par les opérateurs de jeux d’argent en ligne en France n’ont guère changées par rapport à 2010, première année d’exercice. Cependant, malgré l’accalmie du secteur des paris sportifs et hippiques (respectivement +3% et +0,6% au dernier trimestre), il est évident que le poker en ligne représente l’avenir du marché iGaming français. En effet, 10% des joueurs de poker en ligne représentent à eux seuls 90% des mises totales enregistrées au sein du secteur des jeux de hasard sur internet. En d’autres termes, c’est grâce aux High Rollers, des joueurs de poker capables de dépenser des millions d’euros mensuels à leur discipline favorite, que ce secteur ne s’est pas encore dégringolé.

Le gouvernement a donc tout intérêt à préserver ces joueurs richissimes, sans qui il ne ferait pas le moindre profit. Le seul moyen pour y parvenir est d’alléger les impôts et taxes qui sont imposés aux opérateurs légaux. Car, à ce rythme-là, les joueurs français – High Rollers compris, n’hésiteront pas à se rendre sur des sites illégaux pour jouer leur argent. Le jour où les opérateurs frauduleux réussiront à faire de l’ombre à l’offre légale annoncera l’écroulement définitif du marché français.